On a coutume de dire de Djelimady Tounkara qu'il est le « guitar-hero » de la musique malienne. D'abord parce qu'il est le cofondateur du Super Rail Band de Bamako, orchestre mythique de rock mandingue qui fit danser toute l'Afrique de l'Ouest au lendemain de l'indépendance, et qui a largement contribué à la modernisation du répertoire du Mali. Ensuite parce que son immense culture (Djelimady appartient à la caste des griots) l'a poussé à expérimenter les mélanges musicaux les plus fous. S'inspirant de la tradition, ce géant débonnaire a par exemple transcrit pour la guitare, la kora et le ngoni, instruments qui accompagnent depuis des siècles les grandes épopées mandingues, mais a également parfaitement intégré les influences arabo-andalouses ou cubaines. Fort de cette expérience, il a décidé de mener en parallèle du Super Rail Band de Bamako une aventure personnelle, plus acoustique, plus mélodique, où son prodigieux talent de guitariste est au moins autant mis en valeur que ses capacités à arranger et composer.