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Edito
[Mardi 2 décembre 2003]
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19h30 : Amphidice - Domaine Universitaire
de St Martin d’Hères
Ravi Prasad : "Malbar
Expérience"
Sur toutes les îles de l'Océan Indien vivent de nombreux
exilés d'Inde : à La Réunion, on les nomme
Malbars. L'expérience dont il est question ce soir est
le résultat du travail conjoint de trois musiciens réunionnais
: Aldo Ledoux à l'accordéon, Gilbert Mariapin aux
percussions et son frère Kiki à la basse, ils se
sont unis au violoniste français Fréderic Norel,
au joueur d'harmonium indien Raju et au dj espagnol Oskar Vizan
pour donner aux chansons du compositeur Ravi Prasad une couleur
inédite. Cet artiste accompli, que nous retrouvons 2 jours
après le triomphe vécu auprès de Carlo Rizzo,
poursuit des ambitions artistiques de plus en plus personnelles
après avoir suivi de très sérieuses études
sur la tradition carnatique de son Inde du Sud natale.
Oskar Vizan est le premier à s'installer dans l'ambiance
bleutée de la petite scène. De son ordinateur portable,
il diffuse des sons de la Réunion d'où se dégage
un discours enthousiaste d'un des innombrables réunionnais
entichés de philosophie rastafari. Les autres instrumentistes
prennent place et posent une rythmique solide pour l'arrivée
de Ravi Prasad. Tout au long du concert, les instruments forment
des couples passagers. Le violon d'influence tsigane flirte avec
l'accordéon insulaire, le naturel duo de percussions réunionnaises,
kayamb et rouleur, dansent avec les beats électroniques.
L'harmonium se joint au violon pour répondre aux avances
de la basse. Au centre de tous les sons, les mélopées
sensuelles de Ravi Prasad fleurissent et embaument la musique.
Tous les éléments de cette expérience s'accordent
pour créer une énergie inédite. Les soubresauts
de la basse reggae se collent au maloya, des tempos drum' n bass
se rendent complices de rythmes sega. Les onomatopées indiennes
et les refrains en Créole se fondent en un même langage.
A la fois festive, moderne et dépaysante, cette expérience
unique, montrée ici à ses débuts, devrait
rapidement trouver son public.
Benjamin
MiNiMuM
Invités à prendre part à un voyage aux destinations
sensorielles étonnantes, les spectateurs déroutés
assistent à une véritable cartographie sonore.
La route empruntée par Jean François Cavro nous entraine
dans une accumulation de mouvements pluriels et d'expériences
simultanées.
L'espace et le temps traditionnels du concert éclatent, la
performance de Jean François Cavro transporte le spectateur
dans un univers virtuel, fantasmé et sensible.
Sur la route, le regard se pose sur les coupoles traversées
d'une lumière tamisée, magnifiant les chants d'une
gitane du Rajahstan.
Ici on se laisse porter par une voix d'enfant, là par le
rythme endiablé des tablas. Promené entre rugissements
de voitures et aboiements de chiens errants, l'auditeur-voyageur
croise au détour d'une ruelle la voix d'un marchand ambulant,
ou se fait surprendre par les premières gouttes de la mousson.
La réalité urbaine envahit l'imagination. En marchant,
les senteurs des épices, de l'encens, du jasmin réveillent
les sens. Alors on ferme les yeux, savourant la possibilité
grisante de flâner dans les rues agitées de Calcutta
ou d'attraper à la hâte des bribes de conversation
d'habitants de Pondichéry.
Puis on se réveille, des souvenirs pleins la tête,
revenant d'une expérience détonante. La magie a opéré,
le spectateur envoûté reprend ses bagages, rêvant
déjà de s'envoler pour une nouvelle destination.
Christophe
GENEVEST
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Vidéo
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Ravi Prasad
"Malbar Expérience"
3'00"
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Interview
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Ravi
Prasad
(par Norig Le Goarant)
11'16" |
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