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Edito
[Jeudi 4 décembre 2003]
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20h : Hexagone - Scène nationale
de Meylan
Maurizio Squillante : "The
Wings of Daedalus"
Avant le spectacle, un filet de brouillard électronique
s'échappe en grondant des enceintes acoustiques. Lorsque
la lumière tombe et que les deux pans du rideau de velours
rouge s'écartent, nous plongeons dans une aube bleutée.
Emprisonné sous le flanc d'un imposant Minotaure métallique
qui descend des cimaises pour se poser sur une large structure
de verre, la contre alto incarnant le destin gémit : "Ainsi
tourne la roue de l'éternel devenir, éternel désir
de laisser une trace et de ne disparaître jamais"
Elle retourne vers le ciel et précède le mouvement
inverse d'Apollon. Le Dieu doré, enchâssé
dans un disque de verre, prévient les humains qu'ils ne
peuvent se substituer aux règles qu'il a établies.
Sur la scène, quatre danseuses célèbrent
en de lentes contorsions l'arrivée de l'astre du jour avant
de s'effacer.
Dans un cube de verre, le visage couvert par une capuche monacale,
Minos, David Haughton co-auteur du livret de l'opéra de
Fabio Squillante, expose l'argument de l'œuvre en une longue
tirade poétique qui dénonce le désir insensé
de l'homme, qui par ses machines se pense assez fort pour insuffler
lui-même la vie.
Arrive ensuite la soprano Pauline Vaillancourt, elle est Dédale,
son corps mutant a assimilé le métal et dans son
sang courent des électrons. Les danseuses armées
de mini caméras sondent son corps et son âme.
Partant du mythe grec du Minotaure, Maurizio Squillante décrit
l'humanité perdue dans un labyrinthe impalpable mais inexorable.
Pour le fuir, elle semble vouloir jouer les apprentis sorciers
et user de ses sciences pour abolir son statut de mortelle.
L'œuvre est baroque, les décors et les costumes réveillent
une imagerie de science-fiction et d'Heroïc Fantasy. La musique
est abstraite, les chants évoluent lentement, ils sont
plaintes, murmures et gémissements autant que notes. La
technologie est omniprésente, vidéos de matière
grouillante en 3D, effets sonores spatialisés, micros-caméras
et robots.
Dans le deuxième acte, nous sommes dans le laboratoire
de Cocalos. Dans une cuve de verre, il surveille la culture de
quelques mutants, des êtres cyborgs dont il compte envahir
l'univers. Le texte s'est emparé de l'imagerie propre aux
nouvelles technologies : "… Verrouillage - mot de
passe - free fly - go ! Brouillage - point anti-slash double slash".
Dédale revient et exhorte les cyborgs à se libérer
de leur carcan électronique, son message sera entendu.
Délaissé, le démiurge se meurt sous le regard
sévère d'Apollon, revenu avec l'astre de nuit constater
l'accomplissement de sa prophétie.
Le Minotaure est lui aussi de retour, avec à son bord le
destin qui réitère sa litanie : "Ainsi tourne
la roue de l'éternel devenir…".
22h : Cabaret Matiss - Ancien Musée
de Grenoble
Short Connection : "Je
ne dors pas"
Short Connection, ou la rencontre d'inspirations exacerbées
et d'énergies inépuisables, proposait ce soir leur
nouvelle création: "Je ne dors pas".
La formation, qui a vu le jour à Brest, rassemble le compositeur
Gualtiero Guazzi et son accolyte dj Naab, la soprano Géraldine
Keller, le pianiste Bruno Maillefer, le composteur clarinettiste
Christophe Rocher, qui joue également de la trompette-tuyau.
Le groupe a été rejoint par le percussionniste italien
Carlo Rizzo, qui se déplace là où de bons projets
ont besoin de ses tambourins magiques, et par les graphistes Gwénola
Le Duff et Bruno Maillefer, créateurs des images projetées
lors de la performance.
Parce que la musique les démange au point de souvent les
empêcher de dormir, ces artistes d'horizons divers se sont
réunis pour explorer un langage musical nouveau qui met en
commun les enjeux particuliers de chacun d'entre eux. Free jazz,
musiques expérimentales, improvisations, chant lyrique, rythmes
multi-ethniques, images solarisées et traitements électroniques.
Souvent, les instrumentistes improvisent, et derrière leurs
machines, Gualtiero Guazzi et Naab, aidés par Hughes Germain,
traitent chaque source en direct ou insèrent des séquences
préenregistrées. Le chant atonal de Géraldine
Keller prend parfois son inspiration dans les techniques du chant
indien kayhal. Ailleurs, tout le monde s'en mêle et les phonèmes
italiens, suédois et français se superposent. Christophe
Rocher use de trompettes tuyaux, Carlo Rizzo, Christopher Bjurström
et Géraldine Keller comparent leurs flûtes. Plus le
concert avance, plus les pulsations se font festives.
Sur l'écran, un générique, sur lequel chaque
musicien emprunte le corps de John Travolta pour venir danser en
3D, clôt la soirée sur un air de fête.
Benjamin
MiNiMuM
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Vidéos [1]
[2]
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Maurizio Squillante
"The Wings of Daedalus"
2'37" |
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Short Connection
"Je ne dors pas"
3'02"
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Interviews [1]
[2]
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Maurizio
Squillante
(par Ingrid Mansier)
8'48" |
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Gualtiero
Guazzi et dj Naab
de Short Connection
(par Prisca Djengué)
3'59" |
Les vidéos et interviews sont au format Real
One Player [Téléchargement
Gratuit]
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