Edito
[29
novembre 2001]
Ancien Musée
de Grenoble (France)

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12H30
"Récital
de cymbalum par Agnès Szakàly"
Patio du Musée de Grenoble
Pour le premier concert de sa 13ème édition,le festival des 38èmes
Rugissants croise l'année de la Hongrie et accueille
la virtuose de cymbalum, Agnès Szakàly. Sur cet instrument proche du
cithare,apporté en Hongrie au IX siècle par des peuples
d'Asie, la musicienne donne aussi bien rendez vous à des œuvres populaires
traditionnelles qu'à des pièces écrites par
des compositeurs contemporains. Durant une heure, imaginaires anciens et
contemporains vont s'épanouir harmonieusement
dans le patio baigné de lumière du Musée de Grenoble.
Avec délicatesse Agnès Szakàly manipule les fins maillets de bois pour
délivrer les saveurs cristallines de l'instrument.
Sur les cordes tendues, elle obtient un large spectre d'émotions. Joie,
colère, nostalgie, ou espièglerie, toutes les
nuances de l'âme humaine naissent, grandissent, éclatent ou se faufilent en
suivant la volonté de la cymbaliste.
D'airs populaires en sonates, de toccata en pièces contemporaines, Agnès
Szakàly navigue en souplesse et avec une grande
maîtrise.
20H45
"L'indien
de la Mer rouge" Théâtre
de Vienne
Ce soir le festival se déplace à une centaine de kilomètres au nord de
Grenoble. C'est dans le coquet théâtre de Vienne,
co-producteur de l'événement, que nous est offert la première création
rugissante de l'année. Par la volonté du
percussionniste Youval Micenmacher, l'ensemble orchestral Synaxis, sous la
direction de Guillaume Bourgogne,
le Doumka Clarinet Ensemble et la chanteuse percussionniste yéménite, Lea
Avraham, se sont réunis pour réveiller
l'essence pacifiste de musiques traditionnelles yéménites hébraïques
méconnues en Occident.
La scène évoque une mer limpide gorgée de soleil, espace aquatique
bienveillant où vient glisser l'embarcation
orchestrale. Emmené par les rythmes sensuels que Youval Micenmacher imprime
sur ses percussions orientales, les onze
violons, les deux contrebasses, les deux violoncelles, le vibraphone et les
trois clarinettes naviguent avec souplesse
à travers les majestueux et cohérents reliefs d'un orient réinventé avec
réalisme.
Les accents orientaux et klezmers se marient au lyrisme des cordes avec
grâce, on perçoit l'harmonie utopiste qui
prévalait dans cette région aujourd'hui si troublée. Lea Avraham entre en
scène, elle joue d'une large bande de soie
chatoyante, comme le vent s'amuse d'une voile d'un bateau. Sa voix profonde
envoûte et charme les marins que nous sommes
devenus, mais au lieu de nous perdre dans des abysses dangereuses, elle nous
élève vers une lumière à la pureté sans équivoque. Plus tard, elle rejoint
sa derbouka et ses propres rythmes se lovent autour des arabesques du bendir
de Youval Michenmacher. Leur complicité est totale et leur jubilation ne
laisse personne indifférent.
Le riche voyage se poursuit sans jamais mettre en danger la sereine harmonie
et lorsque l'on arrive au port, à la joie de l'équipage, fier à juste titre
de la mission accomplie, répondent les remerciements sincères d'un public
conscient du privilège qui vient de lui être accordé.
Benjamin
MiNiMuM
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Galerie
d'Images
Interview
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Lea
Avraham
(en anglais)
5'20"
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Vidéos
[1] [2]
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Agnès Szakàly
3'07"
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L'indien de la mer rouge
3'13"
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