Edito
[03 décembre 2001]
Ancien Musée
de Grenoble (France)

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20H00
"I have a drum"
Espace 600
"I
have a drum" part d’une belle idée, d’un beau rêve, celui de mettre
un ensemble d’instruments percussifs et des moyens multimédias à
la disposition d’enfants d’un quartier de banlieue et de les guider
dans le monde du rythme. L’expérience initiale s’est déroulée en
1999 dans la banlieue de Soweto où les percussions étaient présentées
dans la rue et de ce fait totalement accessibles, la seconde fut
menée en 2000 à Roubaix. Cette fois, c’est avec les gamins du quartier
de "La Villeneuve" que Philippe Monvaillier a réitéré l’expérience.
En trois semaines, il a tenté de les former à l’art de la manipulation
de gongs, cloches, de steel drum, de tambourins, de xylophones ou
d’ustensiles ménagers résonnants, tout en les incitant à exprimer
graphiquement leurs sensations afin de nourrir le générateur d’images
utilisé lors de la représentation.
Avant le concert, le directeur du festival, Benoit Thiebergien,
nous rappelle que cette expérience va prendre une nouvelle dimension
jeudi soir lors de la soirée « Miroirs Numériques », quand les enfants
de Grenoble participeront à un concert en réseau avec des musiciens
basés à Tourcoing et à Johannesburg.
Le programme est composé de trois parties : deux compositions de
Philippe Monvailler interprétées par deux groupes d’enfants, le
film du projet réalisé à Soweto et deux autres morceaux.
Tout autour de la scène, posés sur des stands ou sur un long tapis
rouge, les instruments de bois, de métal, de carton ou de plastique
attendent que les enfants les fassent vibrer. Le compositeur attribue
un poste à chaque exécutant et leur donne le signal de départ. Il
cours de place en place pour donner des indications à chaque exécutant,
celles ci sont suivies avec plus ou moins de bonheur. Ces ordres
ne sont pas tous clairement compris, un signe d’atténuation de frappe
provoque parfois des hésitations entraînant une brève cessation
d’activités de l’un ou l’autre des musiciens. Sans devenir totalement
incohérent, le déroulement rythmique reste approximatif. Sur l’écran,
géré par un logiciel graphique en mode aléatoire, des collages de
photos et de dessins au couleurs vives alternent en suivant le tempo.
Dans la salle, on sent les parents pressés de féliciter leurs chers
bambins, ils ne suivent pas vraiment l’évolution de la musique et
commencent à applaudir avant la fin des exécutions. Le chef d’orchestre
doit aussi diriger le public.
A l’entracte, jus de fruits et bonbons sont offerts au public.
Le film tourné à Soweto nous permet de constater, une nouvelle fois,
que les enfants d’Afrique ont un sens rythmique infiniment plus
développé que les petits européens.
La dernière partie du concert se déroule à peu de choses près comme
la première, avec son lot de blancs, de contretemps et de justesse.
Si le festivalier avide de fulgurances musicales reste perplexe
devant ce spectacle avant tout familial, il ne peut rester insensible
au passionnant travail pédagogique entrepris par les responsables
de "I have a drum".
Benjamin
MiNiMuM
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I have a drum
1'54"
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