Edito
[01 décembre 2001]
Ancien Musée de Grenoble (France)


 


20H00 "Les 12 lunes du serpent" la Rampe à Echirolles

Le printemps de l'année du serpent démarre sous la pluie. Des gouttes d'eau tombent sur les lattes des xylophones, rebondissent sur les peaux des grands tambours et glissent sur les cymbales. Le vent souffle dans les cordes du piano et, pour un peu, on serait tenter de sortir un parapluie au beau milieu de la salle de la Rampe à Echirolles.

12 lunes de papier de soie flottent au dessus de la scène que se partagent 6 musiciens des percussions de Strasbourg et 6 autres du Ju Percussions Group de Taïwan. Une année pour douze percussionnistes et deux compositeurs qui, chacun sur son continent, se sont partagés les quatre saisons.

L'ode printanière est signée par le Français François Bernard Mâche qui s'est également occupé de la mise en son du repli automnale de la nature.

Tout en décrivant les rythmes propres aux deux saisons les plus tranchées, Chian-Hui Hung, elle même née une année reptilienne, a tenu à inscrire dans ces mouvements saisonniers les ondulations propres au serpent. Pour se faire, elle s'est appuyée sur « le conte du serpent blanc », attribuant à chaque personnage de la légende chinoise un instrument spécifique.

Le serpent blanc déroule ses anneaux au sein des notes aiguës du marimba, son fils se love au creux du tympan, le serpent vert effectue sa mue dans le vibraphone et le bonze Hai-Fa se réincarne dans le gros tambour chinois.

Symbole de la rencontre et du dialogue, cette année du serpent tombe à pic pour stimuler cette oeuvre généreuse.

Si les territoires des deux groupes de musiciens sont à priori nettement marqués, c'est bien dans la même histoire que tous évoluent, suivant scrupuleusement les détails du même calendrier. Ainsi en écoutant s'écouler les mois, on frissonne, on sent monter la sève, on sue, puis l'on regarde les feuilles tomber, autant de raisons de se sentir proches et citoyens du même univers.

S'adressant en priorité à l'âme humaine, «Les 12 lunes du serpent » mettent en avant, avec énormément de subtilité, la prédominance des rythmes essentiels de l'homme et de son environnement sur les superficielles différences qui parfois nous séparent au lieu de nous réjouir.



Benjamin MiNiMuM


Galerie d'Images

Interview 

François Bernard Mâche et Chien-Hui Hung
2'12"



Vidéo

Les douze lunes du serpent
2'54"





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