Edito
[30 novembre 2000]
Ancien Musée de Grenoble (France)


 


Ensemble Court-Circuit - L’heure bleue à St Martin-d’Hères

Daniel Kawka avait déjà dirigé la semaine dernière l’éloge à la radio, aujourd’hui il revient aux 38e Rugissants avec l’ Ensemble Court-Circuit 1h15 répartis en quatre pièces et un entracte. une pièce de Gérard Grisey datant de 1976, des compositions de Philippe Hurel et Philippe Leroux de 1996, mais celle de Xu Yi est une création. L’œuvre de la chinoise démarre le programme. Da Gui est une pièce délicate où les sons sortent de l’invisible, s’étirent et se dilatent. Le public, à grande propension de lycéens option musique, est plus que chaleureux. La suite du programme est plus traditionnelle, si tant est que l’on puisse attribuer cet adjectif à la musique spectrale dont l’essence même est faite de surprise. L’accueil accordé à chaque œuvre rappelle les fins de spectacles de chanteurs pour teenagers. Quasi hystérique, comme si les notes suffisaient à faire ressentir l’intensité des ondes électroniques dont cette musique s’inspire.


Benãt Achiary et Jean Schwarz à L’Ancien Musée

Pendant que Jean Schwarz s’installe derrière la console, Benãt Achiary dispose autour du pied de micro, un verre d’eau, un carnet de notes une paire de lunettes et quelques livres. Henri Michaux Frederico Garcia Lorca, Fernando Pesoa, Ghérasim Luca sont là pour fertiliser les planches de la scène et faire résonner les bonnes énergies, car à aucun moment le poète improvisateur ne se baissera pour faire appel à ses guides.
La bande décrit une campagne sereine et le chanteur basque, de sa puissante voix lui redonne couleurs et sève. Un oiseau passe et il devient oiseau, nous le suivons à travers des cumulus numériques et des trous d’air. Nous nous rabattons contre le sol. Le parfum de la terre nous envahit, on jurerait sentir l’herbe pousser. La musique et la voix depuis longtemps ne font plus qu’un seul chemin, un chemin jonché de pierres et de fleurs, de ronces et de papillons synthétiques. Un voie qui aspire plus qu’on ne la suit, une voix qui respire toutes les odeurs à la fois, avant de les nous exhaler en pleine face. Benãt Achiary est fascinant, la bande son est pour lui un trampolino dont l’amplitude part du centre de la terre pour sauter au-dessus du soleil. Partout il emmène la terre basque, comme un étendard que la musique de Jean Schwarz exalte, la rendant aussi belle et fière que n’importe qu’elle autre terre.



Textes de
Benjamin MiNiMuM



Vidéo

Beñat Achiary
3'04"



Interview

Beñat Achiary
3'04"


Galerie d'Images


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