Edito
[29 novembre 2000]
Ancien Musée de Grenoble (France)


 


20H00 "Images Nocturnes " Espace Aragon, Villard-Bonnot

Ce soir c’est à un concert acousmatique intégral que nous convie le festival. Pas de demie mesure, pendant une heure et quart, nous allons être immergés dans un bain de sons. Afin que ces images nocturnes puissent dégager tous leurs parfums, le voyage se passera sur une route sans éclairage. Le point de départ est provençal et, à la lueur des étoiles, grillons et grenouilles chantent les vertus de la nuit. Les effluves de thym, de laurier et de lavande dansent tout autour de nous. Cette Image Fulgurante, composée par Bernard Fort, n’est qu’un prélude qui accompagne l’arrivée du public dans la salle. Le haut-parleur qui occupe le centre de la scène est zébrée de filets verts, sur sa droite un pavé lumineux nous rappelle le nom de la compagnie de voyage GMVL (Groupe de Musiques Vivantes de Lyon), dont notre hôte est le directeur artistique. De la cabine de pilotage, Bernard Fort nous donne quelques recommandations pour mieux profiter de la route. Il faut se relaxer et, aidé par l’obscurité, pénétrer au plus profond des images qui ne demandent qu’à se réveiller. A chaque étape, nous entendrons sa voix nous annoncer les noms des différentes destinations : les demeures acoustiques de Bernard Parmegiani, François Bayle, Patrick Ravella, Erik Mikael Karlsonn.
La nuit s’étale et les séquences acoustiques entrent en scène. Galvanisées par un système de diffusion recréant le relief, elles embrassent leur rôle de scénarios. Un orchestre qui se prépare à rentrer en scène tente à l’aide de mots et de bruits de redéfinir la musique. Plus tard une partie de ping-pong tourne mal, la balle n’en fait qu’à sa tête et refuse de rencontrer l’adversaire. Un spot rouge enflamme un magnétophone à bandes, c’est l’occasion d’un amusant jeu métaphysique : deux voix discutent de la marche à suivre pour user aux mieux des capacités de la machine, il est question d’une petite lumière rouge et des recommandations d’un certain Charles. Au hasard de la bande les deux voix croisent celle de Charles. Un malentendu éclate concernant les propos échangés, en cherchant les preuves sur l’enregistrement, ils rencontrent le futur. Charles n’est pas content. Le magnétophone s’emballe dans tous les sens et s’évanouit avec le retour de l’obscurité. La suite se partage entre descriptions et abstractions, il y a des voyages en fusée, des parties de patchenko et des propositions difficiles à cerner. Quand le jour se lève et que l’on tente de se souvenir des rêves, il y a des ambiances chaleureuses, des zones dissonances et des trous impossibles à combler.



Textes de
Benjamin MiNiMuM



Musiques

Images nocturnes
3'04"








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