Edito
[26 novembre 2000]
Ancien Musée de Grenoble (France)


 


16H00 "Pierre Charial " au musée Dauphinois

De prime abord l’orgue de barbarie, peut apparaître comme un instrument désuet servant à préserver le patrimoine populaire. Tout le monde a en mémoire le souvenir de vieux messieurs à barbe blanche tournant gentiment la manivelle pour distraire les promeneurs dominicaux dans les jardins public. De cette image d’Epinal Pierre Charial ne se rapproche que sur un point, il est barbu. Les cartons perforés qu’il glisse à travers les rouages de son orgue mécanique sont loin de réveiller de poussiéreuses rengaines. Il nous met d’abord en bouche avec quelques pièces de Haydn qui résonnent majestueusement sous les arcades dorées de la chapelle. Avec les œuvres de György Ligeti, dont il nous fera partager ensuite les subtilités radicales, notre imaginaire aborde des rives inattendues. D’adaptations d’œuvres classique on passe à de la Techno de carton. Après avoir pulvériser le championnat olympique de la manivelle, en gagnant 10 secondes sur une œuvre devant être joué en 3,20mn , il nous présente un morceau conçu, selon son auteur, comme des spaghettis ou des tranches de salami. La fin de sa prestation consiste en une série de onze pièces du début des années 50 où la première, basée sur un la unique reçoit en fin de course la visite éclaire d’un ré, qui restera en grande conversation avec le la initiale jusqu’à l’arrivée d’une troisième camarade. Le système se répétant jusqu’à intégrer toutes les notes de la gamme tonale .Pendant toute la durée de sa performance, Pierre Charial, nous fait partager son amour sincère pour cette boîte à malices aux vertus plus sensuelles que barbares.

18H00 Pierre Bastien au 112

Avec ses camarades de 110m2, Pierre Bastien nous a convaincu hier que le bricolage peut mener au grand art. Cet après midi, seul avec ses instruments étranges, il nous emmène encore plus loin dans son univers unique. La scène est enveloppée par les ombres chinoises de ses machines à sons Les mouvement rotatifs des cylindres qui labourent son clavier occupent un écran, alors que des disques bégayant sous la pointe d’un vieux saphir hantent la toile voisine. Pierre Bastien se cache dans une obscurité chatoyante où des halos fragiles taquinent sa trompette. Les rythmes minimalistes des différentes sculptures musicales s’emboîtent et entraînent les mélodies fragiles de la trompette vers une jolie errance. Le jazz intimiste de Pierre Bastien, chahuté par les mécanismes grinçants de ses inventives installations nous ravi. Il est des poèmes qui sans peines se passent de mots.

Textes de Benjamin MiNiMuM


Interview
Interview de Charial
9'02"


Vidéo

Vidéo Pierre Bastien
3'18"



Musiques
Extrait
de Pierre Charial
2'57"


Galerie d'Images






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