Edito
[02
décembre 2000]
Ancien Musée de Grenoble (France)



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18H00
: OMNI
Ancien musée
L'Objet Musical Non Identifié ressemble à un gros champignon
avec sa tête de métal et de carrelage coloré et ses
lamelles électronique, mais il ressemble aussi à un vaisseau
extra-terrestre. Et effectivement dans la première partie du concert,
l'omni nous emmène au pays des anges. C'est Saint Pierre et le
loup, voix paradisiaques et clarinette, l'angélique Ondrej Adamek
et le clarinettiste Renaud Desbazeille. Plus tard, Guy Reibel, le créateur
de l'engin prend les commandes et nous emmène dans des galeries
souterraines. Stalactites et gouttes de pluie, stalagmites et saute frontières,
un pas à l'Est, ambiance Stalker, un pas en Chine ou au Japon où
l'eau devient cristal. Pour finir Jonathan Pontier nous fait une démonstration
de toutes les possibilités. On se perd un peu entre symphonie et
drum n'bass, et harangues de foire et hip-hop, mais l'on comprend l'infini
horizon du bel objet étrange.
20H00
: OEUVRES INTERACTIVES
SOLISTE/ORDINATEUR
Hexagone de Meylan
Alexis Descharmes interprète "Près", une uvre
pour violoncelle et électronique de Kaija Saariaho où les
cordes se font légères comme la brise et fluides comme le
mercure. Lui succède Catherine Bowie dans Dialog/No Dialog où
la flûte entre en conversation avec un dispositif électronique.
On peut se croire à bord du RER et le bruit de la rame couvre la
soliste à intervalle régulier. Animus de Luca Francesconi
qui termine cette première partie est emmenée par le tromboniste
Benny Schluchin. Le trombone se glisse dans la peau d'un hippopotame,
l'animal de métal s'ébroue dans une mare de boue puis est
rejoint par un troupeau ou quelque chose d'approchant.
Toujours est-il que ces trois pièces sont riches en images surréalistes.
22H00
: MACHINATIONS
Hexagone de Meylan
Et pour finir nous voici au théâtre. 4 femmes derrière des bureaux discutent,
comme chaque jour des centaines de collègues échangent leurs points de
vue sur le travail et les affaires domestiques. Mais ce que l'on perçoit
de leurs bavardages n'est guère intelligible : Phonèmes et dialogues sans
consonnes. Parfois émergent quelques phrases distinctes tirées du descriptif
d'un des tout premiers automates ou de la règle initiale du jeu de l'oie.
Les voix sont parfois parasitées par le traitement d'un ordinateur d'un
5ème personnage qui, à l'écart de nos secrétaires, figure un contrôleur
de l'absurde. Théâtre sonore assurément, mais aussi concert visuel. Au-dessus
de chacune des comédiennes, un écran vidéo diffuse en noir et blanc les
objets qu'elles manipulent sur leurs bureaux lumineux. Jeux de mains et
de matières, cheveux, papier, écorce, fleur et jeux de miroirs forment
un ballet abstrait ou l'humour le dispute à l'étrange. Une heure durant
le spectacle nous enchante. Au début du festival une soirée était clairement
dédiée à la radio et ici nous croyons deviné un hommage à la télé, oh
pas à la télévision tristement normalisée d'aujourd'hui, mais à celle
si inventive et toujours moderne d'un Jean-Christophe Averty qui aurait
enfin trouvé les combines pour exécuter d'ingénieux trucages en direct.
D'ailleurs l'œuvre de Georges Aperghis est parrainé par Arte et il faut
s'enquérir des aujourd'hui de la diffusion de cette œuvre majeure.
23H30
:
Ancien musée
L'ultime rugissement mélange à nouveau images et musique. Mais
cette fois les noces sont plus un mariage d'amour que de raison. Des pixels
intelligents épousent des electrobeats véloces et ce couple d'aujourd'hui
apporte un air de fête à la clôture de cette douzième édition des 38e
Rugissants. Plus proche de la techno intelligente que de la musique savante,
le concert de SDK apparaît comme une démocratisation qui pourrait concilier
le public habituel du festival avec les amateurs de musiques électroniques
habitués des dancefloors. S'achevant sur un hommage à Léon Theremin, les
dernières images de ce show formidable nous ramènent à la première machine-instrument
tirant ses sons de l'électronique et à la thématique du Festival : " Opus
ex Machina ".
Alors comment l'artiste du 21ème siècle se débrouille-t-il
avec la machine ? On peut, à la lumière de ces 10 jours
de concerts, suggérer qu'il l'utilise au mieux quand il détourne
ses faiblesses (celles de la machine ou les siennes face à la complexité
de l'engin) en un jeu ludique. Quand il sait dévier la logique
arithmétique implacable vers l'accident poétique. Quand
il n'oublie pas que les richesses de la technologie seront toujours plus
faibles que celles de l'âme humaine.
Textes de Benjamin
MiNiMuM
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Vidéo
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Omni
3'12"
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Interviews
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Guy
Reibel Omni
8'20"
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Georges
Aperghis
Machinations
9'52"
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Image de fin
0'40"
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Galerie
d'Images
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